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Covid-19 - Journal de bord d’un commerçant

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Peter Goettler

Global Director

 

Deux semaines de la vie de deux propriétaires de magasin

Le jeudi 12 mars, le Gouvernement fédéral a décidé que seuls les commerces indispensables tels que les magasins d’alimentation et les pharmacies pouvaient rester ouverts pendant le confinement. Une décision difficile pour de nombreux détaillants et établissements Horeca, mais qui a également eu un impact important sur les magasins dont l’ouverture demeurait autorisée. Nous avons interrogé – virtuellement – Anja et Stef, propriétaires du supermarché Alvo-Obelix de Dentergem.

 

17 mars 2020 - « Mais qu’est-ce que les gens ont avec le papier toilette ? »

« Dès l’annonce des premières mesures de confinement, nous avons constaté une augmentation du nombre de nos clients. Nous n’avions jamais vu une telle fréquentation du magasin avant aujourd’hui. Notre clientèle a presque triplé. Nous sommes un magasin de proximité, avec des clients réguliers et parfois quelqu’un qui passe par hasard. Maintenant, certaines personnes viennent même de Gand ou de Courtrai parce qu’elles peuvent effectuer leurs achats plus tranquillement chez nous. » Plus tranquillement… tout est relatif ! « Dans les premiers jours qui ont suivi les mesures, la demande de gel désinfectant et de savon pour les mains était très importante. Nous voyons maintenant qu’ici aussi, les gens font des stocks. De papier toilette, de lait, d’œufs et d’eau. Ce sont les produits que nous vendons le plus. Pour les aliments, je peux comprendre, mais qu’est-ce que les gens ont avec ce papier toilette ?! »

« Nous devons réassortir le magasin à temps, nos journées sont donc plus longues qu’en temps normal. Afin de réduire la charge de travail de notre personnel permanent, nous avons engagé quelques étudiants. Ils nous aident à décharger le stock et à le mettre en rayons, une tâche plus fréquente que d’habitude. Nous prenons également les mesures de sécurité supplémentaires nécessaires pour nous-mêmes, notre personnel et notre clientèle. Nous demandons à nos clients de respecter la distanciation sociale, nous portons des gants et désinfectons les poignées des chariots plusieurs fois par jour. Nous ne mettons pas de masque : on nous l’a déconseillé, parce que cela donne un faux sentiment de sécurité. »

 

25 mars 2020 - « La peur de tomber malade est bien présente. »

« Les mesures sont maintenant en vigueur depuis deux semaines. C’est peut-être différent dans les grandes villes, mais ici, cette accumulation de provisions a diminué. Comme nous sommes un magasin de proximité et que nous entretenons une relation étroite avec notre clientèle, nous l’invitons autant que faire se peut à ne pas faire de stock. Nous sommes heureux de constater que la plupart de nos clients respectent vraiment nos mesures. Tout le monde garde ses distances et comprend pourquoi c’est nécessaire. Ici, l’ambiance est très conviviale et le personnel est également très motivé. Nous recevons même des compliments de nouveaux clients ! Cela nous fait plaisir, parce que la peur de tomber malade est toujours présente. Nous avons parfaitement conscience d’être en contact avec de nombreuses personnes. Après tout, cela peut arriver à n’importe qui. Nous prenons donc bien soin de nous : nous mangeons sainement et nous pratiquons des activités sportives plusieurs fois par semaine afin d’être bien armés contre le virus. »

« La fréquentation est toujours plus importante qu’en temps normal, mais l’afflux de clients est mieux réparti. Les habitudes d’achat de notre clientèle ont clairement changé. Alors qu’auparavant, ils venaient presque tous les jours chercher quelques produits, nous constatons que nos clients effectuent maintenant des achats plus importants pour une semaine ou plus. Certains de nos clients réguliers travaillent dans le secteur de la santé. Du coup, je leur mets souvent de côté un colis de marchandises de base qu’ils peuvent venir chercher après leurs heures de travail. »

 

27 mars 2020 - « Nous ne savons pas encore l’impact que cela aura. Il est trop tôt pour cela. »

« Le stockage est fini maintenant. Mais ce qui est étonnant, c’est que nous vendons davantage de farine et de levure. Peut-être parce que les gens font de la pâtisserie et cuisinent avec leurs enfants. Nos mesures de sécurité supplémentaires restent bien sûr en vigueur, mais nous désinfectons désormais encore plus souvent. Et à la caisse, une seule personne à la fois est autorisée à déposer ses achats sur le tapis roulant. On remarque que tout le monde est beaucoup plus prudent. Nous constatons une augmentation des paiements sans contact et que certains clients portent eux-mêmes des gants. »

« Il est difficile pour l’instant de dire comment cette crise va nous affecter. Nous pouvons certes rester ouverts, mais d’un autre côté, il est possible qu’après, nous nous retrouvions avec un excédent de stock ou que le pouvoir d’achat des gens diminue. Nous n’en savons absolument rien. Peut-être le comportement d’achat va-t-il lui-même changer et devrons-nous à l’avenir modifier notre approche des promotions ? Qui peut le dire ? Le plus important actuellement est de faire notre travail de la manière la plus sûre possible, d’aider les gens et de trouver des solutions créatives. Pour le reste, il faut attendre. »